Question d’objectif ou de formulation ? Sans doute les deux
L’avis des Français sur la nécessité d’augmenter ou diminuer les impôts peut changer radicalement d’un sondage à l’autre sur la même période. En fait tout dépend de la question.
C’est ce que démontrent deux enquêtes réalisées par l’Ifop à quelques mois d’écart. Dans la première, réalisée pour Acteurs publics (3), 53% de Français jugent « nécessaire de garder des services publics à proximité des usagers sur l’ensemble du territoire, quitte à augmenter les impôts » contre 44% de Français favorables à des « économies budgétaires compte tenu de l’ampleur des déficits publics et de la dette, quitte à fermer certains services publics ».
Mais dans un deuxième sondage, l’Ifop montre que l’avis des Français n’est pas aussi arrêté. L’enquête, réalisée cette fois-ci pour « le cri du contribuable » (4), montre ainsi que 90% des Français sont favorables à une diminution des impôts. Il est vrai que la question était formulée très différemment : “Pour faire face à la situation actuelle (crise économique, déficits publics élevés), quelle solution faut-il selon vous privilégier ? Baisser les dépenses de l’Etat et celles des collectivités locales (villes, départements, région)” ou “Augmenter les prélèvements obligatoires (impôts locaux, impôt sur le revenu) ?” Mais, à ce stade, peut-on encore parler de question ?