Publié par : franck gintrand | mai 18, 2008

La théorie des parties prenantes

L’entreprise dans son environnement

Les entreprises influent sur la société et réciproquement : de cette évidence est née la théorie américaine des parties prenantes, une source de réflexion pour les économistes, les sociologues et les communicants. 

Pendant longtemps, les relations de l’entreprise avec son environnement ont été pensées exclusivement en termes de rapport marchands. Tel n’est plus le cas aujourd’hui. La médiatisation des entreprises, l’exigence de transparence, la montée des préoccupations environnementales, le développement des associations de défense et des risques juridiques ont contribué à imposer l’idée d’une responsabilité élargie des managers, une responsabilité non plus seulement économique vis-à-vis des actionnaires mais aussi morale à l’égard de tous les publics concernés par les décisions de l’entreprise. De l’observation de cette évolution, les Américains ont fait une théorie : la théorie des parties prenantes. Initié par l’économiste E.R. Freeman au début des années 60, ce courant de pensée s’est donné pour objectif d’établir une typologie et une hiérarchisation des parties prenantes et des relations – conflictuelles ou partenariales – que toute entreprise entretient avec ses différents publics selon sa taille, son secteur d’activité, sa position sur le marché, sa stratégie de développement…

Pour la première fois en France, un recueil d’articles scientifiques fait le point sur cette nouvelle façon de voir de l’entreprise : « Décider avec les parties prenantes. Approches d’une nouvelle théorie de la société civile » sous la direction de M. Bonnafous-Boucher et Yvon Pesqueu.

En combinant une approche économique et sociologique, la théorie des parties prenantes répond à l’interdépendance de plus en plus forte entre les entreprises et leur environnement social. Pour ce courant de pensée, le développement d’une entreprise n’est pas seulement conditionné par sa réussite commerciale et financière. Il est également lié à la bonne compréhension d’enjeux spécifiquement politiques, c’est-à-dire à la prise en compte du pouvoir que les actionnaires mais aussi les syndicats, les associations ou les politiques peuvent exercer sur l’organisation. C’est pour concilier ces intérêts différents qu’ont vu le jour des notions telles que le développement durable, la responsabilité sociale de l’entreprise (« RSE », pour les initiés) ou encore la gouvernance de l’entreprise. Plus largement, la théorie des parties prenantes traduit la nécessité d’intégrer la morale comme facteur d’efficacité et comme un élément essentiel de la réputation de l’entreprise.


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